Grille indiciaire police nationale 2026 : salaires par grade et échelon

Sarah Legrand

Rédactrice en chef – Consultante en orientation professionnelle

Mis à jour le

Combien gagne réellement un policier en 2026 ? La question revient à chaque session de concours, et la réponse a changé depuis l’été 2023. Le grade de brigadier a été supprimé le 1er août de cette année-là par le décret n°2023-676. Voici la grille indiciaire du corps d’encadrement et d’application à jour, échelon par échelon, avec les montants bruts réels et l’indemnité qui vient s’y ajouter.

Combien gagne un gardien de la paix ?

Un gardien de la paix titularisé touche entre 1846,04 EUR et 2618,92 EUR brut par mois selon son échelon, du 1er au 13e, hors indemnité de sujétions spéciales de police. Ce traitement de base repose sur l’indice majoré de chaque échelon, revalorisé via la valeur du point d’indice, fixée à 4,922783 EUR par point depuis le 1er juillet 2023.

Ce montant de base n’est jamais la rémunération finale perçue par l’agent. Il faut y ajouter l’indemnité de sujétions spéciales de police, détaillée plus loin, avant d’obtenir une estimation crédible du bulletin de paie. C’est souvent là que les comparaisons entre métiers de la fonction publique deviennent trompeuses : deux grilles indiciaires proches peuvent masquer des écarts de primes considérables.

La grille indiciaire du gardien de la paix

Le gardien de la paix est le grade d’entrée du corps d’encadrement et d’application. La progression se fait sur 13 échelons, précédés d’une période d’élève puis de stagiaire. Voici l’échelonnement indiciaire applicable au 1er janvier 2024, tel que le fixe le décret n° 2010-564 dans sa version consolidée.

Le mécanisme est le même pour l’ensemble de la fonction publique d’État : chaque échelon correspond à un indice brut, converti en indice majoré, lui-même multiplié par la valeur du point d’indice. Ce système a l’avantage d’être transparent, mais il complique la lecture pour qui n’est pas habitué au jargon administratif. Une revalorisation du point d’indice relève toutes les grilles à la fois, quel que soit le corps ou le grade.

Cette grille revient systématiquement dans les séances de préparation aux concours. La grille indiciaire de catégorie C fonctionne sur le même mécanisme d’indices, ce qui explique pourquoi la question porte surtout sur le rythme d’évolution du salaire, pas seulement sur le montant du premier bulletin de paie. La réponse tient en un mot : progressivement, mais sûrement, avec un palier notable à partir du 5e échelon.

ÉchelonIndice brut (IB)Indice majoré (IM)Brut mensuel
Élève3673661801,74 EUR
Stagiaire3933731836,20 EUR
1er3993751846,04 EUR
2e4193771855,89 EUR
3e4233811875,58 EUR
4e4333871905,12 EUR
5e4524011974,04 EUR
6e4694152042,95 EUR
7e4844242087,26 EUR
8e5044392161,10 EUR
9e5294582254,63 EUR
10e5544752338,32 EUR
11e5784932426,93 EUR
12e6015112515,54 EUR
13e6295322618,92 EUR

Entre le 1er échelon et le 13e, l’écart brut atteint près de 773 EUR par mois, sans compter les primes. La durée pour atteindre le sommet de la grille dépend du rythme d’avancement, lui-même lié à l’ancienneté et, dans une moindre mesure, à la manière de servir. En pratique, la majorité des gardiens de la paix franchissent les premiers échelons à un rythme régulier, puis voient l’avancement ralentir légèrement à l’approche des derniers paliers, où la concurrence entre agents pour les évaluations les plus favorables se fait davantage sentir.

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Indice brut (IB)
Indice majoré (IM)
Traitement indiciaire brut mensuel
ISSP (+28,5 %)

Hors indemnité de résidence et autres primes. Élèves gardiens : ISSP 12 %.

Source : Décret n° 2010-564 (échelonnement au 01/01/2024), barème IB→IM au 01/01/2024, point d’indice au 01/07/2023.

Brigadier-chef et major : la fin du grade de brigadier

C'est le point que beaucoup d'articles sur le sujet passent sous silence : le grade de brigadier n'existe plus depuis le 1er août 2023. Le décret n°2023-676 a réorganisé le corps d'encadrement et d'application en supprimant cet échelon intermédiaire. Les brigadiers en poste ont été reclassés brigadiers-chefs de police, classe normale, et les anciens brigadiers-chefs sont passés en classe supérieure.

Ce n'est pas une simple question de vocabulaire. Pour un candidat qui prépare le concours ou pour un policier en poste qui vérifie sa fiche de paie, savoir que ce grade a disparu évite de chercher une grille qui n'existe plus. Des dérogations temporaires d'échelonnement subsistent pour les classes normale et supérieure jusqu'au 31 décembre 2028, le temps que la réforme se stabilise pleinement sur l'ensemble des carrières en cours.

Concrètement, cette suppression a raccourci d'un cran la progression hiérarchique du corps d'encadrement et d'application. Là où un policier devait autrefois franchir quatre grades avant d'atteindre le sommet du corps, il n'en reste plus que trois : gardien de la paix, brigadier-chef, puis major. Pour les candidats qui construisent une projection de carrière à long terme, cette simplification change la lecture des délais d'avancement affichés dans les documents officiels antérieurs à 2023, qui mentionnent encore l'ancien grade. Les adjoints administratifs suivent une logique d'échelons identique, ce qui facilite la comparaison entre filières.

Le brigadier-chef de police progresse sur 7 échelons, de 2353,09 EUR à 2781,37 EUR brut mensuel. Au-delà, le grade de major récompense l'ancienneté et l'encadrement d'équipe, avec une grille qui grimpe jusqu'à 3027,51 EUR au 6e et dernier échelon.

GradeÉchelonIBIMBrut mensuel
Brigadier-chef1er5584782353,09 EUR
Brigadier-chef2e5734892407,24 EUR
Brigadier-chef3e5975082500,77 EUR
Brigadier-chef4e6115182550,00 EUR
Brigadier-chef5e6235282599,23 EUR
Brigadier-chef6e6505482697,68 EUR
Brigadier-chef7e6725652781,37 EUR
Major1er6075152535,23 EUR
Major2e6335352633,69 EUR
Major3e6525492702,61 EUR
Major4e6755672791,22 EUR
Major5e6915792850,29 EUR
Major6e7396153027,51 EUR

Au-dessus du grade de major existe un emploi fonctionnel : le responsable d'unité locale de police, ou RULP. Sa grille comporte 4 échelons, de 3052,13 EUR à 3396,72 EUR brut mensuel. Il s'agit d'un poste d'encadrement de proximité, accessible sur sélection interne, qui marque le sommet du corps d'encadrement et d'application.

Un chiffre résume bien l'ampleur de la progression possible au sein d'un seul et même corps : entre le premier échelon de gardien de la paix et le dernier échelon de RULP, l'écart de traitement brut dépasse 1500 EUR par mois. Cette amplitude explique pourquoi certains policiers choisissent de demeurer dans le corps d'encadrement et d'application au lieu de tenter un concours interne d'officier, la progression restant substantielle sans changer de corps.

Les trois corps de la police nationale

La police nationale s'organise en trois corps distincts, chacun avec sa propre grille indiciaire et ses propres modalités de recrutement.

Le corps d'encadrement et d'application regroupe les gardiens de la paix, brigadiers-chefs et majors détaillés plus haut. C'est le corps le plus nombreux, celui qui assure l'essentiel des missions de terrain, de la voie publique à la police judiciaire de proximité. L'accès se fait par un concours externe ouvert dès le baccalauréat, ou par un concours interne pour les agents déjà en poste dans la fonction publique, une organisation assez différente de celle que prévoit le concours de police municipale, propre à chaque collectivité territoriale.

Le corps de commandement rassemble les officiers : lieutenants, capitaines puis commandants. Ces grades pilotent des unités opérationnelles ou des services spécialisés, avec des rémunérations sensiblement supérieures à celles du corps d'encadrement et d'application, en raison du niveau de responsabilité et des concours d'accès plus sélectifs. Le concours externe est ouvert à bac+3, et le concours interne demeure accessible aux gradés justifiant d'une certaine ancienneté de service.

Le corps de conception et de direction, enfin, correspond aux fonctions de commissaire, commissaire divisionnaire et commissaire général, ainsi que le détaillent les corps et grades de la police nationale recensés par le ministère de l'Intérieur. Ces postes de direction stratégique se recrutent principalement par un concours de très haut niveau, souvent après un parcours dans l'enseignement supérieur ou une première carrière dans la fonction publique. La formation initiale se déroule sur plusieurs années, avec un passage obligatoire par une école nationale dédiée.

En accompagnant des candidats vers ces trois corps, je constate que le choix ne se résume jamais au seul niveau de salaire affiché sur une grille. La nature des missions, le rythme de travail et les perspectives d'évolution comptent tout autant dans la décision. Certains candidats renoncent volontairement à viser le corps de commandement dès le départ, préférant construire leur expérience de terrain avant d'envisager un concours interne quelques années plus tard.

Du brut au net : l'ISSP et les autres primes

Le traitement indiciaire affiché sur la grille n'est qu'une partie de la rémunération. S'y ajoute l'indemnité de sujétions spéciales de police, l'ISSP, prévue par le décret n°2013-617 consolidé. Pour le corps d'encadrement et d'application, elle représente 28,5 % des émoluments soumis à retenue pour pension. Les élèves gardiens perçoivent un taux réduit de 12 %, et les responsables d'unité locale de police bénéficient également du taux de 28,5 %.

Dans le corps de commandement, le taux varie selon le grade : 28,5 % pour les capitaines au premier échelon, dégressif jusqu'à 27,5 % ensuite, puis 23,5 % pour les commandants. Le corps de conception et de direction applique des taux compris entre 21,5 % et 22,5 % selon l'ancienneté dans le grade. Cette dégressivité peut surprendre : elle traduit, comme le précise le décret encadrant l'ISSP, une prime conçue pour compenser les contraintes du terrain, plus marquées dans les premiers grades opérationnels que dans les fonctions de direction.

Une particularité propre au métier mérite d'être soulignée : l'ISSP est soumise à retenue pour pension. Contrairement à de nombreuses primes de la fonction publique qui échappent au calcul de la retraite, celle des policiers compte pour la pension civile. C'est un élément que beaucoup de candidats ignorent quand ils comparent une carrière dans la police à une autre voie du service public, en se limitant au seul traitement indiciaire affiché sur la grille.

Le passage du brut au net, comparable dans ses grandes lignes à celui que connaît la grille des professeurs des écoles, dépend ensuite des cotisations classiques : pension civile, CSG, CRDS, et autres prélèvements sociaux propres à la fonction publique d'État. Il faut aussi compter, selon l'affectation, l'indemnité de résidence liée à la zone géographique et d'autres primes ponctuelles, sans qu'un montant unique puisse être généralisé à l'ensemble du territoire. Ces variations rendent tout calcul précis dépendant de la situation individuelle de chaque agent, de son grade, de son échelon et de son lieu d'affectation.

Avancement, RULP et concours internes

La grille indiciaire donne un cadre, mais elle ne dit rien du rythme réel auquel chaque policier la parcourt. L'avancement d'échelon, qui fait progresser le traitement indiciaire de chaque agent, suit une durée fixée par grade, généralement raccourcie ou allongée selon l'ancienneté acquise et les évaluations professionnelles. Deux gardiens de la paix recrutés la même année peuvent donc se retrouver à des échelons différents quelques années plus tard.

Le passage vers le grade de brigadier-chef, puis de major, se fait par examen professionnel ou par ancienneté selon les quotas fixés chaque année. L'accès au poste de responsable d'unité locale de police, lui, relève d'une sélection spécifique et ne concerne qu'un nombre limité de postes, généralement liés à l'encadrement direct d'une brigade.

Les concours internes pèsent lourd dans une carrière policière, souvent davantage que la seule progression d'échelon. Un gardien de la paix peut, après quelques années de service, viser le corps de commandement via le concours interne d'officier, un mécanisme de promotion interne que l'on retrouve aussi dans les concours de catégorie A d'autres administrations. La grille indiciaire de départ change alors radicalement, et l'ancienneté acquise dans le corps d'encadrement et d'application vient généralement peser en faveur du candidat lors de l'entretien de motivation.

Une grille indiciaire se lit de deux façons : le montant d'entrée qu'elle affiche immédiatement, et la vitesse à laquelle elle progresse une fois le candidat en poste. La question de la mobilité géographique s'ajoute souvent à ces deux lectures, et elle dépend avant tout des postes ouverts au moment du concours interne.

Une dernière chose avant de refermer cette grille : vérifiez toujours la date du texte que vous consultez. La valeur du point d'indice a été revue plusieurs fois ces dernières années, et un document trouvé au hasard sur un forum peut afficher des chiffres qui ne correspondent plus à la valeur en vigueur. Le réflexe le plus simple reste de recouper systématiquement le montant affiché avec le point d'indice publié sur le site de la fonction publique avant de s'y fier.

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Cet article a été publié sur Maclands, magazine spécialisé en éducation, emploi et carrières.

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