La catégorie B regroupe des dizaines de milliers d’agents de la fonction publique territoriale : rédacteurs, techniciens, assistants socio-éducatifs, animateurs, agents de police municipale gradés. Leur fiche de paie reste pourtant souvent un mystère pour les candidats comme pour les agents déjà en poste.
Entre indice brut, indice majoré et traitement réel, les textes s’empilent sans qu’aucun tableau consolidé ne mette les trois grades côte à côte. Un candidat qui prépare un concours de rédacteur territorial se retrouve à chercher B1, puis B2, puis B3 sur des pages différentes, sans jamais voir la progression complète d’un seul coup d’œil.
Un simple tableau chiffré suffit souvent à désamorcer l’angoisse d’un premier concours. Beaucoup de candidats renoncent avant même de postuler, persuadés à tort que la catégorie B ne mène nulle part sur le plan salarial.
Voici donc les montants exacts, grade par grade et échelon par échelon, tels qu’ils résultent du décret n° 2010-330 modifié, avec un point sur la façon dont cette grille s’articule avec le reste de la rémunération et la suite de la carrière.
La grille présentée ici concerne la fonction publique territoriale, régie par le cadre d’emplois type du décret n° 2010-329, dit décret NES (nouvel espace statutaire), qui structure entre autres les cadres d’emplois des rédacteurs territoriaux et des techniciens territoriaux. Les versants État et hospitalier suivent une logique comparable, trois grades hiérarchisés dans la même catégorie, mais avec leurs propres textes statutaires et leurs propres grilles, non reprises ici.
Quel est le salaire en catégorie B ?
Un agent de catégorie B territoriale perçoit un traitement brut mensuel compris entre 1 836 € (premier échelon du premier grade, B1) et 2 914 € (dernier échelon du troisième grade, B3). Le montant exact dépend du grade (B1, B2 ou B3) et de l’échelon atteint, calculés à partir de l’indice majoré et de la valeur du point d’indice fixée à 4,922783 € par mois depuis le 1er juillet 2023.
Ce traitement brut n’est qu’une partie de la rémunération globale. Le RIFSEEP et l’indemnité de résidence viennent s’y ajouter selon la collectivité employeuse, mais leurs montants ne sont pas fixés nationalement et ne figurent pas dans les grilles indiciaires elles-mêmes.
Retenir cette fourchette de 1 836 € à 2 914 € brut donne déjà un ordre de grandeur utile pour se projeter, que l’on prépare un concours de catégorie B ou que l’on vienne de basculer depuis la grille de catégorie C lors d’une promotion interne. Les tableaux détaillés ci-dessous permettent d’affiner ce chiffre selon la situation précise de chaque agent.
Les trois grades de la catégorie B : B1, B2, B3
La catégorie B territoriale se structure en trois grades hiérarchisés au sein du même cadre d’emplois. B1 est le grade d’entrée, celui du premier recrutement par concours externe. B2 et B3 correspondent à des niveaux supérieurs, accessibles par concours interne pour certains postes ou, plus fréquemment, par avancement de grade au fil de la carrière.
Chaque grade possède sa propre grille d’indices bruts (IB) et d’indices majorés (IM), avec un nombre d’échelons différent : 13 pour B1, 12 pour B2, 11 pour B3. Plus le grade est élevé, moins il y a d’échelons à parcourir, mais chacun correspond à un saut indiciaire plus important. Cette architecture n’est pas propre aux rédacteurs ou aux techniciens : elle sert de modèle à la quasi-totalité des cadres d’emplois de catégorie B relevant du décret NES.
Le tableau ci-dessous détaille la grille complète du premier grade (B1), telle qu’elle résulte, comme le prévoit le décret n° 2010-330, modifié par le décret n° 2022-1201, en vigueur depuis le 1er septembre 2022. Le barème de correspondance IB vers IM appliqué est celui du 1er janvier 2024.

| Échelon | Indice brut (IB) | Indice majoré (IM) | Brut mensuel |
|---|---|---|---|
| 1er | 389 | 373 | 1 836,20 € |
| 2e | 395 | 374 | 1 841,12 € |
| 3e | 397 | 375 | 1 846,04 € |
| 4e | 401 | 376 | 1 850,97 € |
| 5e | 415 | 377 | 1 855,89 € |
| 6e | 431 | 386 | 1 900,19 € |
| 7e | 452 | 401 | 1 974,04 € |
| 8e | 478 | 420 | 2 067,57 € |
| 9e | 500 | 436 | 2 146,33 € |
| 10e | 513 | 446 | 2 195,56 € |
| 11e | 538 | 462 | 2 274,33 € |
| 12e | 563 | 482 | 2 372,78 € |
| 13e | 597 | 508 | 2 500,77 € |
Un agent recruté directement en B1, par exemple sur la grille du rédacteur territorial, met donc plusieurs années à atteindre le sommet de ce premier grade. La durée moyenne pour franchir un échelon varie selon l’ancienneté et les règles d’avancement propres à chaque collectivité, mais elle s’étale généralement sur deux à trois ans par échelon en début de grille, avec un rythme qui peut s’accélérer ou ralentir selon la valeur professionnelle reconnue à l’agent.
Entre le premier et le treizième échelon de B1, l’écart de traitement brut dépasse 664 € par mois. C’est un écart significatif sur une carrière longue, qui explique pourquoi l’ancienneté seule, sans changement de grade, permet déjà une progression salariale réelle au sein d’un même poste.
Le premier échelon de B1 est le point d’entrée le plus bas de toute la catégorie B. À l’inverse, le treizième échelon de B1 rejoint presque le début de la grille B2 : pour situer sa propre progression, il suffit de repérer dans le tableau son échelon actuel et celui qui suit, l’indice brut correspondant donnant une idée concrète du palier à venir.
Grilles indiciaires B2 et B3 : le détail par échelon
Le grade B2 démarre là où B1 finit presque : son premier échelon (IB 401) correspond quasiment au quatrième échelon du grade précédent. C'est la logique de toute progression de carrière dans la fonction publique : chaque changement de grade repositionne l'agent sur la grille du nouveau grade, à l'échelon dont l'indice est égal ou immédiatement supérieur à celui détenu dans l'ancien grade.
| Échelon | Indice brut (IB) | Indice majoré (IM) | Brut mensuel |
|---|---|---|---|
| 1er | 401 | 376 | 1 850,97 € |
| 2e | 415 | 377 | 1 855,89 € |
| 3e | 429 | 384 | 1 890,35 € |
| 4e | 444 | 395 | 1 944,50 € |
| 5e | 458 | 406 | 1 998,65 € |
| 6e | 480 | 421 | 2 072,49 € |
| 7e | 506 | 441 | 2 170,95 € |
| 8e | 528 | 457 | 2 249,71 € |
| 9e | 542 | 466 | 2 294,02 € |
| 10e | 567 | 485 | 2 387,55 € |
| 11e | 599 | 509 | 2 505,70 € |
| 12e | 638 | 539 | 2 653,38 € |
La progression en B2 suit le même principe qu'en B1, mais avec des paliers un peu plus resserrés en fin de grille. Entre le premier et le dernier échelon de B2, l'écart de traitement brut atteint 802,41 €, un barème fixé par le décret n° 2022-1201 et proportionnellement plus marqué que sur B1.
Le troisième grade, B3, est le sommet de la catégorie. Il compte 11 échelons et culmine à un indice brut de 707, soit un traitement mensuel de 2 914,29 € avant primes. C'est le plafond indiciaire de toute la catégorie B, celui que peu d'agents atteignent avant d'envisager un passage en catégorie A.
| Échelon | Indice brut (IB) | Indice majoré (IM) | Brut mensuel |
|---|---|---|---|
| 1er | 446 | 397 | 1 954,34 € |
| 2e | 461 | 409 | 2 013,42 € |
| 3e | 484 | 424 | 2 087,26 € |
| 4e | 513 | 446 | 2 195,56 € |
| 5e | 547 | 470 | 2 313,71 € |
| 6e | 573 | 489 | 2 407,24 € |
| 7e | 604 | 513 | 2 525,39 € |
| 8e | 638 | 539 | 2 653,38 € |
| 9e | 660 | 556 | 2 737,07 € |
| 10e | 684 | 574 | 2 825,68 € |
| 11e | 707 | 592 | 2 914,29 € |
Ces deux grilles montrent un chevauchement volontaire entre grades : le 8e échelon de B2 (638) et le 8e échelon de B3 (638) affichent le même indice brut. Ce recouvrement garantit qu'un avancement de grade ne fait jamais reculer un agent, même s'il repart parfois du bas de la nouvelle grille en termes d'échelon.
Un agent qui atteint le 12e échelon de B2 (2 653,38 €) touche exactement le même traitement qu'un collègue au 8e échelon de B3. La différence entre les deux ne se joue donc pas uniquement sur le montant immédiat, mais sur le potentiel de progression future : un agent en B3 dispose encore de trois échelons pour continuer à progresser, quand celui resté en B2 a atteint le plafond de son grade.
Ce mécanisme de chevauchement, courant dans les grilles NES, explique pourquoi deux agents occupant des postes similaires peuvent afficher un écart de rémunération important selon leur grade, alors même que leur ancienneté globale dans la fonction publique est comparable.
Du brut au net : primes, indemnités et cotisations
Le traitement indiciaire calculé plus haut n'est qu'une composante du salaire réellement versé. Deux éléments complémentaires s'y ajoutent, sans montant fixé nationalement, et un troisième facteur, les cotisations, réduit le brut pour aboutir au net perçu sur le compte bancaire.

Le RIFSEEP (régime indemnitaire tenant compte des fonctions, sujétions, expertise et engagement professionnel) est la principale prime des agents territoriaux depuis sa généralisation. Il se compose de deux parts distinctes, l'IFSE liée au poste occupé et le CIA lié à la manière de servir, mais leurs montants dépendent entièrement de la délibération propre à chaque collectivité.
Deux agents de catégorie B occupant un poste comparable dans deux communes différentes peuvent ainsi percevoir des primes très différentes, alors que le traitement indiciaire, lui, ne change pas à échelon égal. Le RIFSEEP récompense avant tout les fonctions occupées, les sujétions propres au poste et l'expertise développée par l'agent, ce qui explique ces écarts d'une collectivité à l'autre.
L'indemnité de résidence complète parfois la rémunération selon la zone géographique du poste, classée en trois zones distinctes qui déterminent un pourcentage appliqué au traitement brut, du taux le plus élevé en Île-de-France à un taux nul dans la majorité des communes. Le classement précis d'une commune se vérifie directement auprès du service RH de la collectivité concernée.
Le passage du brut au net dépend enfin des cotisations sociales spécifiques au statut de fonctionnaire territorial, différentes de celles du secteur privé, surtout pour la retraite et la contribution employeur. Sans connaître le taux exact applicable à un cas individuel, il serait trompeur d'avancer un montant net précis : seul le service RH de l'employeur ou une simulation officielle permet d'obtenir ce chiffre avec fiabilité.
Un candidat qui met en regard une offre de catégorie B et, par exemple, la grille des professeurs des écoles dans la fonction publique d'État a intérêt à garder cette distinction en tête : ça évite les mauvaises surprises. Le traitement brut affiché dans la grille indiciaire n'est qu'un point de départ, pas le montant final perçu.
Quels métiers relèvent de la catégorie B ?
Le cadre d'emplois des rédacteurs territoriaux illustre bien la catégorie B : accueil du public, gestion administrative, instruction de dossiers, encadrement d'équipe restreinte, ces postes couvrent un large éventail de missions dans les collectivités. Un rédacteur territorial peut, dans le cadre que fixent les cadres d'emplois territoriaux, occuper aussi bien un poste d'instructeur d'urbanisme, de gestionnaire de marchés publics, de chargé de subventions ou de responsable d'un service état civil, selon la collectivité et la taille de la structure.
Le cadre d'emplois des techniciens territoriaux occupe un rôle comparable côté technique, avec des fonctions liées aux travaux publics, à l'urbanisme, à l'environnement ou à la voirie. Ces agents interviennent souvent sur le terrain, en lien direct avec les entreprises et les usagers, avec un niveau de responsabilité qui croît avec le grade.
D'autres filières recrutent aussi en catégorie B : animation, avec les animateurs territoriaux qui encadrent des équipes d'animation dans les structures jeunesse ou périscolaires ; sécurité, avec certains grades de la police municipale (leurs échelons rejoignent par endroits la grille de la police nationale) ; culture, avec les assistants de conservation du patrimoine et des bibliothèques ; ou encore le secteur médico-social, avec les assistants socio-éducatifs. Chacune de ces filières possède son propre cadre d'emplois mais une architecture de grades B1/B2/B3 similaire dans son principe.
Le décret n° 2010-329 fixe le cadre commun applicable à la majorité de ces filières, ce qui explique pourquoi les grilles indiciaires présentées plus haut se retrouvent, à quelques nuances près, dans plusieurs métiers très différents sur le papier.
Dans la fonction publique d'État, des corps équivalents existent, avec leurs propres textes statutaires et des dénominations parfois distinctes. Il en va de même pour la fonction publique hospitalière, où certains corps de catégorie B suivent une logique de grille comparable, sans que les grilles indiciaires soient strictement identiques à celles de la territoriale détaillées plus haut.
La diversité des métiers accessibles en catégorie B explique aussi la diversité des parcours d'entrée. Certains candidats arrivent directement après leurs études, diplôme en poche, quand d'autres rejoignent la catégorie B après plusieurs années passées en catégorie C, portés par un concours interne ou une promotion sociale reconnue par leur employeur.
Évolution de carrière : avancement de grade et passage en catégorie A
Un agent recruté en B1 ne termine pas forcément sa carrière à ce grade. L'avancement vers B2 puis B3 s'effectue selon des conditions d'ancienneté et de valeur professionnelle, généralement via un tableau d'avancement établi par la collectivité employeuse et soumis à l'avis de la commission administrative paritaire.

Pour certains postes, B2 et B3 sont également accessibles directement par concours interne, ce qui permet à des candidats déjà en poste dans une autre filière ou un autre grade de rejoindre ces niveaux sans attendre un avancement classique. Cette voie concerne en particulier les agents de catégorie C qui souhaitent accélérer leur progression sans passer par toutes les étapes d'un avancement au fil de l'eau.
Le passage vers la catégorie A est l'étape suivante pour les agents qui souhaitent accéder à des fonctions d'encadrement plus larges ou à une expertise renforcée. Deux voies principales existent : le concours d'attaché territorial en interne, ouvert sous conditions d'ancienneté en catégorie B, et l'examen professionnel, qui valorise l'expérience acquise sur le terrain plutôt que la seule performance à un concours classique.
Ce passage n'est pas automatique. Beaucoup d'agents en font un objectif de moyen terme, construit sur plusieurs années de service en catégorie B. La préparation d'un concours interne ou d'un examen professionnel demande un investissement personnel important, souvent en parallèle de l'activité professionnelle.
Le recrutement initial en catégorie B se fait par concours, avec un niveau de diplôme requis qui varie du baccalauréat au bac+2 selon le grade d'entrée visé. Ce prérequis diffère d'une filière à l'autre et mérite d'être vérifié auprès du centre de gestion organisateur du concours, chaque département disposant de son propre calendrier et de ses propres modalités d'inscription.
Une fois le concours obtenu, l'inscription sur liste d'aptitude ne garantit pas immédiatement un poste. Le candidat doit ensuite trouver une collectivité prête à le recruter, ce qui peut prendre plusieurs mois selon les filières et les territoires.
L'avancement de grade n'est pas non plus une formalité automatique liée à la seule ancienneté. Un ratio promus/promouvables, fixé par délibération de la collectivité, encadre le nombre d'agents pouvant effectivement changer de grade chaque année, ce qui explique pourquoi deux collègues à ancienneté égale peuvent progresser à des rythmes différents selon leur employeur.
Ce mécanisme rend la mobilité géographique parfois stratégique : une collectivité qui fixe un ratio élevé ouvrira davantage de postes en B2 ou B3 qu'une autre plus restrictive, à profil et ancienneté comparables.
Une grille qui bouge : pourquoi vérifier la date du texte consulté ?
Les grilles indiciaires ne sont pas figées. Le décret n° 2010-330 a lui-même été modifié à plusieurs reprises, dont la dernière révision entrée en vigueur au 1er septembre 2022, et la valeur du point d'indice a connu plusieurs revalorisations ces dernières années, chacune modifiant mécaniquement tous les montants bruts détaillés plus haut.
Avant de se fier à un montant trouvé en ligne, mieux vaut toujours vérifier la date de publication du texte consulté et croiser l'information avec Légifrance ou le service RH de l'employeur concerné. Un tableau daté de 2020 ou 2021 affichera des montants obsolètes, même si la structure des échelons reste, elle, globalement stable dans le temps.
C'est le réflexe le plus utile à garder en tête pour quiconque prépare un concours ou négocie une évolution de carrière : les grades B1, B2, B3 ne changent pas souvent dans leur architecture, mais les montants qui leur sont associés, si, au gré des revalorisations successives du point d'indice.



